Classic… Mans… Vôtre…

8, 9, 10 juillet 2016 – Le Mans Classique

8, 9, 10 juillet 2016 – Le Mans Classique

Deux ans d’attente pour avoir le privilège de voir et d’écouter évoluer une myriade de voitures de compétition (ou parfois leur reconstruction) ayant disputé, et remporté pour quelques-unes d’entre elles les 24 Heures du Mans, toutes époques confondues ! Les débuts remontent à 1923…

L’impatience était partagée par 123 000 visiteurs, un record. Unité de lieu, de temps, d’action pour 6 séries plus 2 plateaux en lever de rideau, l’un pour le groupe C – sports prototypes des années 1980-90 – et l’autre constitué exclusivement de Jaguar, quelle histoire, l’ensemble couvrant les années 1923 à 1993. Le théâtre de cet opéra (littéralement) est tout simplement le circuit de la course annuelle des 24 Heures du Mans dans sa totalité – longueur 13 km –, dont une partie, avec la fameuse ligne droite des Hunaudières, habituellement ouverte à la circulation.

8, 9, 10 juillet 2016 – Le Mans Classique
8, 9, 10 juillet 2016 – Le Mans Classique

Il a souvent été dit et écrit que les 24 Heures du Mans font partie de la trilogie souveraine de la course automobile, avec les 500 miles d’Indianapolis et le Grand-Prix de Formule 1 de Monaco. Pour sublimer la légende, un seul pilote a remporté les trois courses : Graham Hill sur Matra pour les 24 Heures. Il a aussi été sacré champion du monde de F1 à deux reprises. Des moments inoubliables.

Il convient de rendre hommage aux propriétaires de ces fabuleuses voitures de course, dont la valeur donne le vertige, et la cote continue de s’envoler. D’autant que ces bolides sont parfois utilisés au maximum de leurs possibilités par les pilotes, propriétaires et invités, affûtés, pour certains d’entre eux. D’ailleurs un nombre croissant de professionnels en activité, avec un palmarès enviable, sont tentés par cette expérience, et ils reviennent. Une façon unique de se remémorer les exploits de messieurs Barnato, Vimille, Siffert, Rodriguez, Beltoise, Alboreto… et toutes les légendes qui, à n’en pas douter, étaient au premier rang au ciel ce week-end-là.

Les organisateurs de tels événements, Peter-Auto avec l’implication totale de Richard Mille pour le Mans méritent notre éternelle reconnaissance. L’imagination est à chaque instant prise en défaut. Pour mesurer l’impact des courses historiques « Premium », deux comparaisons nous viennent à l’esprit : – 24 Heures du MANS, juin 2016 : 60 voitures engagées, soit le maximum autorisé, pour un succès mondial. – Le Mans Classic 2016 : environ 500 voitures engagées mais en courses sprints de 3x 40 mn et non pour un tour d’horloge. – Rallye de Monte-Carlo WRC, janvier 2016 : moins de 100 voitures engagées pour un événement phare du Championnat du Monde des Rallyes. – Rallye de Monte-Carlo Historique : plus de 300 voitures engagées avec un parcours de concentration rallongeant notablement la distance totale parcourue.

Pour le Mans Classic, la légende investit jusqu’aux parkings, dont une partie est réservée aux clubs de marques.

Pour le Mans Classic, la légende investit jusqu’aux parkings, dont une partie est réservée aux clubs de marques. On peut y observer des milliers de véhicules hors du commun dont 800 pour les clubs, certains sans doute pour la seule fois de leur existence. N’oublions pas la rare exposition de transporteurs d’époque des années 1950 à 1970. Une particularité du Mans Classic est de mettre en piste une centaine de pilotes en herbe (de 6 à 10 ans) au volant de voitures de course reproduites à l’échelle 1/3, mues par l’énergie thermique ou électrique. Cette catégorie se nomme Little Big Mans et fait naître de nombreuses vocations : c’est l’avenir de l’histoire.

Aston Martin Ulster.
Aston Martin Ulster.
Cobra Le Mans.
Cobra Le Mans.

Les plateaux 

L’intérêt majeur ne réside pas dans les classements. Les niveaux de préparation et de pilotage sont bien trop hétéroclites.

Porsche 956 Spice.
Porsche 956 Spice.

Les résultats sont bien souvent totalement différents de ceux des époques correspondantes ; l’histoire ne se répète pas toujours. Ce qui étonne et ravit le passionné c’est le fait de rencontrer des pilotes de notoriété et de découvrir des automobiles fabuleuses un nombre incalculable de fois ! C’est sans doute ça la magie… En voici quelques « Coups de coeur ».

Plateau 1 : 1923-1939 – 65 voitures

Cette année il s’agit d’un inédit doublé des Talbot (anglaises). Une Bentley est 10e. L’époque a connu le règne des Bentley, Alfa Romeo, Bugatti.

Plateau 2 : 1949-1956 – 75 voitures

C’était le début des victoires de Ferrari, puis la période Jaguar. C’est aussi le drame de 1955, à ce jour la plus grande catastrophe du sport automobile. C’est à nouveau une Jaguar (D-Type) qui l’emporte avec au volant Andy Wallace, vainqueur du Mans 1988 sur Jaguar. En seconde position figure une Maserati qui n’a jamais connu un tel résultat ici.

Plateau 3 : 1957-1961 – 75 voitures

Ferrari, What else ? Retournement de situation : les voitures anglaises (Lister, Austin-Healey, Lotus…) monopolisent les premières places. Nous remarquons cette année que le contingent de Ferrari est extrêmement réduit dans la majorité des catégories concernées. Inflation ? Une surprise : Gérard Larousse sur Porsche 550, retour aux sources.

Plateau 4 : 1962-1965 – 75 voitures

C’était à nouveau Ferrari, avec l’arrivée de Ford (GT40, Cobra), sans victoire toutefois. Les marques françaises investissant les petites catégories et les classements à l’indice (rendement, consommation) : Alpine, Panhard, Db, Bonnet… À noter l’apparition de la Turbine (Rover). L’histoire s’est chargée d’une mise au point radicale : 10 Ford aux 10 premières places avec des moteurs V8 (GT40, Cobra, Mustang-Shelby). Quelques participations remarquées et remarquables : Michel Leclere sur Lotus Elan S2, Jean-Charles Rédélé sur Alpine M63 (le fils du créateur !), François et Pierre Fillion (directeur de l’Automobile Club de l’Ouest) sur Lotus Elan 1965, Eric Poirot poursuit la tradition de son père Christian (10 participations) en engageant la Porsche 904 de l’époque.

Plateau 5 : 1966-1971 – 75 voitures

En ces temps mémorables, la notoriété des sports prototypes dépassait celle de la Formule 1, les pilotes de pointe étant généralement polyvalents. Il faut retenir les 4 victoires d’affilée de Ford (1966 à 1969), les premières victoires de Porsche (917) et encore l’apparition du moteur rotatif (Mazda). 2016 bouscule la légende : les voitures anglaises (Lola, Chevron) monopolisent le haut du classement.

Des rencontres : Carlos Tavares sur Lola T70-5L, Emmanuel Pirro sur Alfa Romeo 33-2L, Emmanuel Collard sur Porsche 908/3. Une curiosité : la Moynet construite en 1975 par André Moynet, ministre, constructeur d’avions…

Plateau 6 : 1972-1981 – 75 voitures

Les victoires Matra, Porsche, Renault-Alpine ! Jacky Ickx s’installe… Une émotion : Beltoise (Julien) / Pescarolo sur Inaltera produite par Jean Rondeau (8e et 1er groupe GTP en 1976 pour sa première participation avec JPB / Pesca). Cette année Porsche se distingue à nouveau. Au volant d’une 936, Marco Werner, 4 fois vainqueur.

Groupe C : 1982-1993 – 48 voitures

Les titres et victoires sont revenus à Porsche (Forever), Jaguar, Mercedes, Peugeot (905). À saluer, la victoire de Jean Rondeau / Jean-Pierre Jaussaud sur Rondeau en 1982. Seule victoire d’un constructeur au volant ! Les Japonais arrivent : Toyota, Nissan, Mazda (victoire en 1991). La vitesse record a été atteinte sur les Hunaudières : 405 km/h (WM-Peugeot). L’actualité est inédite : victoire Spice. À noter, la présence de Romain Dumas, vainqueur du Mans 2016 sur Porsche. Et pour terminer un tout dernier coup de coeur : la présence des Ligier JS1 (1969), JS2 (1975), JS3

(1971, avec Soheil Ayari au volant). Des exemples quasi uniques pour un acteur majeur de la course en France et un hommage à Guy Ligier. Non c’était l’avant-dernier ! Le dernier est pour Alpine et le souvenir de Jean Redele. La presque totalité des modèles ayant couru le Mans était présente en piste ! Après cette succession de montées dans les tours il est nécessaire de faire une pause. La frustration est grande car chaque modèle pourrait faire l’objet d’un descriptif fouillé tant l’histoire a de choses à révéler. Mais cela deviendrait de la littérature et un seul opus ne suffirait pas ! Et puis, il ne nous reste que deux années à attendre… la passion n’a pas de limite !

Trailer du Le Mans Classic 2016

Le Mans Classic, 8ème édition, s’est tenu les 8, 9 et 10 juillet 2016.

Créé en 2002 par Peter Auto, en association avec l’Automobile Club de l’Ouest, Le Mans Classic offre une formidable rétrospective des mythiques 24 Heures du Mans. Plébiscité dès sa première édition, l’évènement n’a cessé d’asseoir sa notoriété au fil des éditions pour s’établir comme un must attendu tous les deux ans par le public et les participants.

(source: Le MANS CLASSIC – LE FILM/ PETER AUTO)

Galerie photos

Auteurs

J-P. T et Hervé Gantier

Renseignements

www.lemansclassic.com

Photos

© Richard Mille, Olivier Stadler

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