L’incroyable retour de Bubba

Bubba Watson a collectionné les fans depuis son arrivée sur le PGA Tour.

Il déborde d’imagination : on se souvient de son jeu à Augusta ou à Riveria en Floride… et de sa façon désarmante de se présenter « Bubba, c’est moi, Bubba de Bagdad », souriant et détendu.

C’est ainsi que Bubba salue et cela ne date pas de cette année. Quand je l’ai rencontré pour la première fois en 2003, sa première année sur le Tour, il m’a saluée de la même façon, mais pour éviter toute confusion avec la capitale irakienne, il a rapidement ajouté : « Bagdad, en Floride. »

Ouvert, amical, émotif, Bubba « laisse tout sortir », ce qui ne conquiert pas seulement les relations publiques ou les agents. Cette attitude fait son charme et sa popularité, et lui a aussi parfois causé des problèmes…

La personnalité de Watson repose sur sa fierté d’avoir atteint ses objectifs : « Obtenir ma carte PGA Tour était si important », explique-t-il. Tout d’abord, Bubba n’a jamais pris de leçon, il a appris le golf seul dans la cour de sa maison, dans la rue, pendant des heures (parfois à la consternation de sa mère) avec une « wiffle ball ». Watson est un vrai « feel player », qui peut frapper ou envisager des coups que d’autres ne tenteront pas. « J’ai appris le jeu avec mon père, je n’ai jamais suivi de leçon. Mes parents ont tant sacrifié pour que je puisse jouer au golf – Maman avait deux emplois – alors, lorsque j’ai obtenu mon entrée sur le Tour, en 2003, ce fut une joie immense et une grande fierté à la maison. »
Puis, sans le dire à sa famille, il est retourné à Faulkner State Community College. Il obtiendra son diplôme de l’Université de Géorgie en 2008. « Essentiel pour moi, car l’éducation est si importante, mais aussi pour Papa, qui n’a pas eu la chance d’aller au collège, et pour ma mère, pour tout ce qu’elle m’a donné. Aussi, je voulais être capable de parler aux enfants, de dire les choses comme je les vois, j’avais donc besoin de cette éducation pour être crédible. »

Ben Hogan n’aurait jamais prédit trois victoires sur le mythique parcours du Riviera Country Club à Los Angeles dessiné par George Thomas. Avec son driver rose vif, ses coups spectaculaires, son jeu talentueux et la vision unique qui le caractérise, « Superman Bubba » a remporté son troi­sième trophée Genesis Open en février dernier, une victoire qui fait suite à celles de 2014 et 2016. Phénoménal.

Watson a souri : « C’est incroyable. Deux fois, c’était déjà inimaginable, mais avoir cette chance aujourd’hui sur les neufs trous retour et pouvoir concrétiser, c’est très spécial Je ne sais pas combien de personnes l’ont fait ici… Seulement, Arnold Palmer. Bubba rit : « Me voilà en excellente compa­gnie ! » La fabuleuse sortie de bunker sur le 14 dimanche après­ midi était le coup marquant du Genesis 2018, presque à la hauteur de ses exploits lors des Masters. Watson avait fait le vœu de remporter un Majeur et dix victoires sur le PGA avant d’envisager de se retirer, « attendons et voyons ». Il a aujourd’hui atteint les dix victoires et remporté deux Majeurs.

Bubba, vainqueur d’un 3e Trophée sur le Genesis Open 2018 au Riviera Country Club, Los Angeles.

Avec son style audacieux, Watson a obtenu sa première « green jacket » au Masters de 2012 en remportant un play­off en mort subite face à Louis Oosthuizen. Au second trou de play­off, alors que sa balle était posée sur un tapis d’ai­guilles de pins et que sa vue du green était bloquée par les hauts pins de Georgie, après un mauvais drive, il a expliqué à Ted son cadet : « Je suis habitué aux bois, aux aiguilles de pin et tout ça puisque je m’y souvent retrouvé. » Bubba a utilisé une percée entre les arbres et a tapé un fer avec un effet gauche­droite déroutant, pour trouver le green au mi­lieu d’une immense clameur. Il a ensuite effectué deux putts pour finir dans le par, alors qu’Oosthuizen ne pouvait faire mieux que bogey.

2014 l’a vu au sommet des classements ; après une défaite contre Kevin Stadler à Phoenix, il remporte quelques semaines plus tard sa première victoire à Riviera CC en battant Dustin Johnson avec deux 64 de clôture. Il remporte Augusta devant Jordan Spieth, alors jeune recrue de 20 ans. Il est l’un des 17 joueurs à avoir remporté deux fois ou plus Augusta.

Bubba et sa femme Angie ont marqué les fans depuis leur arrivée au Sony Open de Hawaii en 2006, tout comme lors de sa première conférence de presse, qui fut mémorable : beaucoup de rires et de blagues à propos de sa frappe de balle, sa longueur, ses visions. Bubba est émotif, drôle et sin­cère. Bubba est devenu pro en 2003, il a obtenu son diplôme à la PGA après le Nationwide en 2006. Le père de Watson, ancien béret vert de Watson, atteint d’un cancer de la gorge, est décédé en 2010 juste avant la première victoire de Bubba sur le Tour. Attristés de ne pas pouvoir avoir d’enfant, Angie, ancienne joueuse de basketball au collège et Bubba ont adopté deux enfants : d’abord leur fis, Caleb en 2012, puis leur fille Dakota en 2014. Le couple a été un exemple pour de nombreuses familles concernées par l’adoption et les difficultés qui lui sont associées. Watson a toujours souligné l’importance de la foi dans sa vie ; il a continuelle­ment consacré beaucoup de temps, d’argent et d’efforts à une variété de causes caritatives et maintenant à la Fonda­tion Bubba Watson. Bubba et Angie ont acheté la maison Isleworth de Tiger Wood en 2013. En 2015, ils ont déménagé à Pensacola, en Floride, où il espère éventuellement devenir maire. Entre­temps, il a fortement soutenu les activités lo­cales, investi dans des entreprises et apporté d’importantes contributions à l’hôpital.

Watson, maintenant un homme épanoui de 39 ans, a fait partie du boys band « Golf Boys », avec Rickie Fowler, Hunter Mahan et Ben Crane, pour collecter des fonds pour des œuvres de charité. Sa passion pour les sports et les voitures puissantes est légendaire. En 2012, il a acheté une General Lee, voiture que l’on a pu voir dans la série télévisée « Shérif, fais­moi peur ». Sa Prius est équipée d’un moteur Dodge Hellcat. Bubba a aussi travaillé sur la réalisation d’un prototype de chariot de golf Hovercraft, le BW1, à voir sur Youtube et sa passion a évolué vers le BW­Air aussi appelé « Bubba’s Jetpack », conçu par Oakley et Martin Aircraft, un engin qui peut atteindre une altitude de 1000 mètres et une vitesse de 60 km/h. Watson envisage simplement de mettre les clubs sur le dos, sangler et décoller entre chaque trou. « Tu pourrais faire 18 trous en 20 minutes environ », plaisante­-t-­il.

Watson a investi dans l’équipe locale de baseball de Pensacola, les Blue Wahoos. Fin mai 2018, il était ravi de taper des balles de golf sur le célèbre stade de baseball Wrigley Field de Chicago pour le plaisir de ses fans, puis de faire le premier lancer pour les Chicago Cubs.

Ayant remporté en mars dernier le WCG Dell Match Play, Watson compte maintenant 11 victoires. Le président Obama a souri lorsque Bubba lui a dit par erreur, « Hey, bud » (« Salut mon pote ») avant : « Désolé, humm, M. le Président. » Au cours d’un talk­show, Watson a été suggéré pour le rôle de Président… Ce n’est pas pour bientôt si l’on en croit sa peur de la foule. Le golf est trop amusant pour Bubba !

Susanne Kemper
Photos

© Susanne Kemper, Genesis Open

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