Triomphe et rugissements pour le Tigre

Masters d’Augusta 2019

Inoubliable dimanche ! Au dernier jour des masters d’Augusta, le 14 avril dernier, Tiger Woods, 43 ans, offre au public une finale historique en remportant sa cinquième « Green Jacket ». Sa famille en première ligne – sa mère, Sam, Charley, ses amis et son cercle intime – les membres enthousiastes d’Augusta, les clients et les téléspectateurs internationaux ont tous été témoins du retour miraculeux de Tiger, lorsqu’il a rentré son dernier putt, quatorze ans après sa quatrième victoire à Augusta. Cette quinzième victoire en Majeur, s’est finalement produite après des années difficile, entre chirurgie et tragédies personnelles. Ce jour-là, Woods a prouvé qu’il était encore dans le jeu pour gagner des Majeurs, et il le fera encore. Il n’est plus qu’à trois longueurs du record de victoires en Grand Chelem détenu par le légendaire Jack Nicklaus et totalise désormais 81 titres en PGA. Sa première victoire en 1997 aux Masters d’Augusta a inspiré une nouvelle génération de golfeurs à travers le monde… 2019 continue à écrire l’histoire.

La satisfaction de Woods et son explosion de joie sur le green du 18 était très émouvantes, quand il a embrassé sa mère, sa fille Sam et a transporté son fils Charley dans ses bras au milieu des fans en admiration, pour ensuite rejoindre et féliciter les autres joueurs : Koepka, Langer, Poulter, Thomas et Bubba. Woods a déclaré : « J’ai bouclé la boucle depuis ma première victoire en 1997, quand j’étreignais mon père sur le green ; aujourd’hui mes enfants sont ici à leur tour. Je suis resté très patient sans perdre de vue mon objectif. Enfin… c’est tout simplement irréel ! Augusta a beaucoup compté dans ma carrière. Venir ici en 1995 pour la première fois en tant qu’amateur, gagner en 97, puis refermer la boucle, 22 ans plus tard, cela me donne aujourd’hui une sensation d’accomplissement. « Tellement de scénarios différents auraient pu se produire sur le retour, beaucoup de joueurs avaient une chance de gagner. Le leaderboard était serré, ça jouait bien. Ça ne pouvait pas être plus stressant : maintenant je sais pourquoi je perds mes cheveux. C’est dur, c’est tellement important pour moi et ma famille, ce tournoi, et que tout le monde soit là, c’est quelque chose que je n’oublierai jamais. » Le jeu, le contrôle, la concentration, et en particulier la patience de Woods ont été exemplaires pendant les  quatre jours de tournoi, il a géré et tenu sa stratégie pour être dans le groupe final. Il ne tapait pas trop fort, jouait ce qu’il fallait pour trouver les fairways, était concentré sur les putts, et ça a payé. Un Tigre aux anges que nous n’avions pas vu depuis de nombreuses années… à nouveau rugissant ! Woods a commencé la saison 2019, comme d’habitude, au Farmers Open, Torrey Pines, qu’il a remporté déjà sept fois, en plus de sa victoire historique à l’US Open en 2008. Il y participe chaque année, c’est « So Cal – J’adore être de retour, c’est là que j’ai joué mon tout premier tournoi du circuit PGA ». Sous la chaleur et le soleil, Woods était plutôt rouillé, n’ayant pas joué les sept dernières semaines. Il a toutefois passé le cut à onze coups derrière le leader Justin Rose. Il ne tapait pas sa longueur habituelle, semblait hésitant, sortait difficilement du rough. « L’année dernière, j’ai appris ce que mon corps pouvait et ne pouvait pas faire, cela m’a permis d’évoluer. Je me suis amélioré chaque jour, je sais sur quoi je dois travailler maintenant ; j’ai eu quelques problèmes de lecture sur le green les trois premiers tours. Mon objectif était de terminer au moins à -10 en faisant des birdies sur cinq des huit derniers trous et c’est ce que j’ai fait le dimanche. Je dois me fixer des petits objectifs quand je ne suis pas en lice », sourit-il.

Trois semaines plus tard, Woods participait, pour la treizième fois, au Genesis Open au célèbre Riviera Country Club de Los Angeles. Il y avait joué pour la première fois en amateur sur invitation en 1992. Il était toujours en quête d’une victoire – c’est le parcours qu’il joue le moins bien – mais il a déclaré : « J’aime cet endroit, George Thomas a dessiné un parcours de golf classique, il faut jouer juste. » Avec McIlroy et Justin Thomas les deux premiers jours, Woods était erratique ; il a effectivement bien frappé la balle, en revanche le putting était désastreux. Je dois corriger ma posture, me familiariser rapidement avec elle. » Le cut passé, Tiger a fait rêver les fans en jouant  parfaitement le samedi et le dimanche matin (un troisième tour bouclé en 65 coups). Le dernier jour s’est mal passé, il a concédé quatre bogeys en six trous, se contentant alors de la quinzième place (-6). Par ailleurs Woods partage sa joie : « Je suis tellement heureux que la PGA élève cet événement au rang de celui de Jack et d’Arnold – le Genesis Open est en effet coorganisé par sa fondation – c’est spécial d’être là, revenir et organiser ce tournoi où j’ai grandi, aider les jeunes dans ce domaine, c’est super pour la fondation. Un rêve devenu réalité. »

Tiger Woods plays from the thick rough on the 14th hole

Après quatre semaines de congé suite à sa victoire majestueuse à Augusta, Woods s’est rendu à Bethpage Black, pour s’entrainer avant les tournois en PGA. Quand il a annulé sa dernière séance d’entraînement mercredi, il était clair qu’il ne se sentait pas au meilleur de sa forme. Koepka, son partenaire de jeu sur les deux premiers tours lui rappelait sa propre maîtrise au début des années 2000. Woods n’a pas passé le cut, restant cinq coups au-dessus. « Je ne me sentais pas bien, je ne pouvais pas le faire », a-t-il déclaré, « mais je suis toujours le champion des Masters, à 43 ans, c’est un très bel accomplissement. » Le 28 mai dernier, sur le parcours du Muirfield Village Golf Club, le vainqueur du Masters 2019 a signé une ultime carte de 67 (-5), la meilleure de sa semaine. Avec un score total de -9, Woods termine son Memorial Tournament à la neuvième place. Tiger doit intégrer de nouveaux concepts et un emploi du temps différent, en partie à cause des changements de dates sur le PGA Tour mais aussi des contraintes liées à sa santé physique qui lui imposent moins de pratique, plus de concentration sur le jeu court – il ne peut plus taper la balle aussi longtemps en entrainement. Woods a été vu à Pebble Beach fin mai avec son caddie Joe La Cava, étudiant le parcours et les changements apportés au terrain à l’approche de l’Open. Cette année, lors de l’US Open à Peeble Beach, la magie n’opérera pas comme en 2000. Depuis sa victoire et la ferveur qui s’en est suivie sur le parcours d’Augusta en avril dernier ; son talent, son expérience et ses précédentes victoires ne lui ont pas permis de confirmer sa remontée spectaculaire au sommet du classement mondial alors qu’il jouait l’US Open à Pebble Beach en juin dernier. Les trois premiers jours, il s’est battu pour rester « en lice », mais le dimanche, il est passé à côté des six premiers trous – pourtant les plus faciles du parcours – +4 après six trous. Il est parvenu à faire un birdie sur le célèbre par-3 du 7. Woods, en rage et méconnaissable, a provoqué les cris et applaudissements des fans, il a riposté et est parvenu à marquer 6 birdies sur les 12 derniers trous – superbe ! Arrivé au 18, il retiré sa casquette et salué le public avec un grand sourire après avoir rentré son dernier birdie. Il a fini la journée avec 69, T-21. En 2000 il avait gagné avec 15 coups d’avance. « Avoir si mal commencé cette journée et réussir à s’en sortir ; reprendre le dessus et revenir sous le par pour la semaine, c’est normalement une bonne chose, mais cette semaine, les autres joueurs ont été bien meilleurs », a déclaré Woods. « Il fallait juste que je sache si je pouvais revenir au par pour la journée et le total. C’était l’objectif. Et j’ai pris beaucoup de plaisir. » Il a offert son plus large sourire de la semaine sur le green du 18e le dimanche, embrassant chaleureusement ses deux enfants pour la fête des pères. Woods sera capitaine de l’équipe américaine au Royal Melbourne, lors des matches de la President’s Cup en décembre. Il a toujours dit qu’il voulait être capitaine et jouer ; voilà qui est fait. Connu pour sa discipline et sa rigueur, il en aura besoin à la Royal Melbourne en tant que capitaine et deuxième joueur. Il est rare d’être à la fois capitaine et de jouer les matchs, mais Woods a déjà les meilleurs adjoints – Fred Couples (4 victoires), Steve Stricker (2017) et Zach Johnson – qui seront des soutiens clés pour conduire à la victoire. Le nouveau format permet à Woods de jouer une fois avant les derniers simples. Ernie Els, capitaine de l’équipe internationale, a déclaré : « Ce sera intéressant. Il peut rallier les joueurs américains. » Woods a également dit vouloir participer aux Jeux olympiques de 2020 au Japon. « Parvenir à se qualifier pour intégrer l’équipe sera la partie la plus difficile », a-t-il admit. « Mais j’aimerais en être. Je devrais  certainement faire quelques tournois supplémentaires pour y parvenir ? » À suivre… en attendant de nouveaux rugissements du maître d’Augusta.

Susanne Kemper
Photos © Rolex, Chris Turvey
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